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Aéroport de Casablanca – Terminal 3
Maîtrise d’ouvrage : Office National des Aéroports (ONDA)
Architectes : RSHP & Ala Concept
Localisation : Casablanca
Surface : 470 000 m² SHOB
Etudes : 2025 – 2026
L’Office National des Aéroports a lancé en 2025 un projet d’ampleur, visant la construction d’un nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, avec une capacité initiale de 20 millions de passagers par an. Prévu pour être opérationnel et relié au réseau ferroviaire à grande vitesse du Maroc dès 2029, en amont de la coupe du monde de football de 2030, le nouveau terminal sera un pôle multimodal majeur du pays, au service de la connectivité régionale et intercontinentale.
La structure de la couverture de l’aéroport, imaginée comme un système modulaire en charpente métallique, favorisant une construction rapide et une préfabrication accrue, forme des ondulations évoquant les vagues de l’océan Atlantique voisin.
Elioth a accompagné les équipes d’architectes dans la formalisation technique de cette couverture emblématique. Compte tenu de l’ampleur de l’ouvrage, la conception structurelle s’est appuyée sur une approche raisonnée visant à optimiser les quantités de matière et à maîtriser les coûts.
Deux principes fondamentaux ont guidé cette stratégie :
D’une part, la structure est conçue pour ne placer de matière que là où elle est strictement nécessaire. Les autres zones sont traitées comme des « vides », comblés par une ossature secondaire légère et modulaire, permettant une réduction significative des poids ;
D’autre part, la légèreté de la charpente constitue un enjeu déterminant, en particulier au regard de la stratégie sismique globale de l’ouvrage. Elle limite les sollicitations, et contribue à une meilleure résilience de l’ensemble face aux séismes.
La structure de la zone centrale de l’aéroport, appelée Processeur et accueillant les halls d’arrivée et de départ, est composée de dômes de taille variable, autostables et contreventés par des portiques entrecroisés. La dilatation thermique est gérée sans joints de dilatation multiples, mais au niveau de zones de catènes entre les dômes, absorbant les mouvements sans générer de surcontrainte.
Accompagnant une augmentation prévue rapide du nombre de passagers, le système structurel des jetées, qui abritent les portes d’embarquement, est robuste et duplicable, afin de prolonger le terminal et atteindre à terme sa capacité, prévue à 45 millions de passagers par an.
La couverture étanche, qui forme un motif triangulaire perceptible depuis le ciel lorsque l’on atterrit, est constituée de modules, en structure bois, assemblés à la charpente primaire au moyen de connexions sur mesure permettant de s’adapter parfaitement à la géométrie. Une approche paramétrique a été menée afin d’identifier les amplitudes des écarts et tolérances associées.
Les façades vitrées du projet supportent l’ambition du terminal, tant d’un point de vue architectural que de conception environnementale, avec des enjeux techniques forts liés aux grandes dimensions et aux contraintes sismiques.
Les larges volumes vitrés et les façades de grande portée sont traités par des systèmes répétitifs et rationalisés, afin d’accompagner la croissance du terminal au fil du temps, et d’optimiser le planning du chantier.
L’enveloppe du terminal permet d’optimiser le confort visuel, par des trames de baies généreuses et de nombreux espaces en double ou triple hauteur. Le confort d’été est un élément clé de la conception des façades, qui profitent de la présence de débords de toitures pour les niveaux supérieurs ou de résilles revisitant les moucharabiehs traditionnels devant les vitrages.
Elioth a conduit des simulations énergétiques dynamiques afin d’objectiver les améliorations de l’enveloppe proposées (isolation importante de la toiture, mise en place de masques en façade, surtoiture…). Une étude de potentiel de ventilation naturelle a également été réalisée, dans l’optique de décharger passivement le terminal la nuit, profitant des variations importantes de températures jour-nuit de la région casablancaise.
Des études d’éclairement ont également été menées, dans l’optique de garantir un confort visuel optimal pour les usagers du terminal tout en minimisant les apports solaires. La répartition des entrées de lumière en toiture a pu ainsi être rationalisée.
La définition des objectifs bas-carbone du projet d’aéroport a fait l’objet d’un travail de recherche, croisant les concertations, dans le cadre de la RE2020 en France, visant à déterminer les seuils des bâtiments de type aérogares et les seuils carbones de projets similaires référencés du benchmark CarbonHeroes. Ce dernier propose en effet des évaluations comparatives d’ACV menées sur des projets en France et à l’international, permettant d’élargir l’approche. Elioth a ensuite réalisé le calcul carbone des ouvrages de gros-œuvre, de structure, de clos et couvert ainsi que des ouvrages de second-œuvre architectural.
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Chloé GIRARDON
responsable adjointe pôle structures.
Charlotte BORRITS
responsable adjointe pôles façades.
Konstantina SKIADA
responsable environnements.